1355684192Nous sommes tous amenés à nous séparer de la personne que l’on aime un jour ou l’autre.
Pour une heure, un mois, un an, peu importe…
C’est toujours douloureux.
Toujours aussi douloureux de se séparer de la personne que l’on aime.

Et, lorsque, un sourire factice scotché aux lèvres, vous agitez joyeusement la main en guise d’adieux  en laissant cette personne disparaitre progressivement de votre champ de vision, une multitude de questions délirantes submergent votre esprit fébrile : «  Et si elle ne revenait jamais ? S’il lui arrivait quelque chose ? Si elle me quittait, se faisait renverser par une voiture, emporter par un cyclone, un tsunami, un tremblement de terre, devenait amnésique, tombait dans le coma, perdait la tête, se faisait prendre en otage, séquestrer par un maniaque, embarquer dans une secte? «
Jamais vous n’avoueriez avoir de telles pensées. Rien, dans votre comportement, ne laisserait trahir votre angoisse.
Pourtant…

Pourtant s’il était possible, ne serais-ce qu’une seconde, de jeter un coup d’œil par le trou d’une serrure afin de savoir ce que fait cette personne au moment même où elle est loin de vous, vous vous sentiriez tout de suite plus rassuré...
Ridicule, n’est ce pas ?
Oui, les pensées ridicules ne manquent jamais lorsque l’on aime.

A présent, imaginez qu'elle parte dans un lieu tout à fait particulier.
Une Villa, pour être tout à fait précis.
Une Villa où sur dix personnes, une seule sortira vivante à la fin du mois.
Bien entendu, le problème de savoir ce qu’elle fait ne se posera pas. Vous pourrez vous plonger non seulement dans son quotidien, mais également au cœur d’une intimité que vous ne lui soupçonniez même pas…

Et après ?

Que feriez-vous si ce que vous voyez ne vous plait pas du tout ? Vous vous taperiez la tête contre les murs ? Ça vous avancerait à quoi?
Car quoi qu’il lui arrive, vous seriez totalement impuissant. Vous n’auriez aucun moyen de changer ni le cours de ses actions, ni les conséquences qui en résultent.

Et finalement, c’est exactement de cela qu’il est question…
La violence n’est qu’un prétexte.
Les massacres organisés ne sont qu’un prétexte.
Le jeu entier lui-même n’est qu’une immense mise en scène afin de suivre la déchéance de  Christophe, qui assiste, en direct, aux « aventures » de sa sœur dans la Villa .
Car contrairement à ce que l’on pourrait penser, Susanne n’est pas le personnage central du livre. Ou alors seulement par procuration.
La moindre de ses actions est perçue au travers des yeux de son frère qui, à l’approche de chaque duel, se pose irrémédiablement la même question : Susanne sera-t-elle désignée par le public pour être le prochain bourreau, ou pire : la prochaine victime ?

A chaque fois que sonne l’heure fatidique, il n’a qu’une peur : Voir sa sœur mourir devant ses yeux sans qu’il ne puisse rien faire pour la sauver.

Et, alors que Susanne affiche son bonheur devant des millions de téléspectateurs, à quelques centaines de kilomètres d’elle, dans la pénombre d’une maison aux rideaux tirés où la télévision semble être la seule source de lumière et de vie,  c’est une lente descente aux enfers qui commence pour Christophe…